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Origine du nom de Montastruc et de la Conseillère

  • Origine du nom de Montastruc

Le plus ancien texte qui fait part de l'appellation du nom de notre commune provient des Layettes du trésor des Chartes.

Dans les Layettes du Trésor des Chartes édité entre 1244 et 1249, les historiens sont unanimes pour certifier que le nom de Mons Astrux (texte en latin) est bien celui de notre commune. Une partie de cette charte relate les modalités de redevances établit par Sicard Alaman, seigneur de ladite commune. Reste à présent de comprendre pourquoi Astrux s'est transformer en Astruc !

(http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31580p)

Dans la revue archéologique du Midi de la France (Tome XI de 1874 à 1879), l'abbé Auguste Massol, membre de cette assemblée, donne cette version de l'origine de MONTASTRUC et de l'historique de la commune :

Dans le pays du Languedoc, plusieurs localités sont appelées Montastruc. Quelle est l'origine de ce nom ? Quelques érudits le font dériver du latin ; d'autres, plus modestes, croient que cette désignation est formée de deux mots allemands, goths ou wisigoths, signifiant "hauteur factice, fortifiée" et, par la date de l'étymologie, ils remontent à une ancienneté que je n'admets pas.

J'aime mieux, avec l'abbé Des Sauvages (1 Dictionnaire languedocien-français. ), traduire le mot astruc par "équipage de labour", "manège de campagne".

Honorât, dans son Dictionnaire provençal-français, donne, au mot astruc, la même signification "équipage de labour, manège de campagne," "lieu bien influencé par les astres, ayant une étoile bonne ou mauvaise". Cette interprétation me plaît davantage et me paraît vraie. Toutes les montagnes où sont assises les habitations formant village ou petite ville appelé Montastruc jouissent d'une heureuse exposition, surtout si nous parlons de Montastruc situé à 20 kilomètres de Toulouse, petite ville dominant la plaine du Tarn.

La désignation de ville longue, trouvée dans quelques vieux actes, Dictionnaire languedocien-français était employée pour indiquer d'une manière plus précise cette localité, et non pour indiquer une cité élevée sur les ruines d'une ancienne ville appelée Montastruc ; aucune trace d'édifices anciens ou modernes n'existe dans les environs.

Note du webmaster : Montastruc dans le Lot et Garonne donne une autre origine à son appellation. Pareillement à notre commune quant à sa situation dominante, les montastrucois du Lot et Garonne fonde l'étymologie du nom de leur commune de colline fortifié "Mons stratus".

 

 

  • Histoire de Montastruc ...

Laissons l'abbé Auguste Massol continuer ses dires :

Seulement, cette petite ville, autrefois renfermée dans d'étroites fortifications, était, au Moyen-Age, un point assez important pour arrêter les bandes qui venaient de l'Albigeois au Toulousain.

Elle perdit beaucoup de son importance lorsque, en 1225, le comte Raymond VII fortifia Buzet, châtellenie à laquelle fut soumis Montastruc. Un corps de troupes, s'étendant du château de Buzet au village de Roquesserrières, Monpitol, Lasoulade, couvrait tout ce pays, et semblait dès lors rendre inutile la petite place de Montastruc. Les religionnaires, néanmoins, ne pensèrent pas ainsi, et lorsque les armées combinées des princes de Navarre, de Condé et de l'amiral de Coligny ravageaient les environs de Toulouse, ils envoyèrent Rouvroy, avec son régiment, pour assiéger la ville de Montastruc où se trouvaient en garnison deux compagnies, qui se rendirent le 1er mars 1570 sans faire souffrir les habitants. Ils furent plus malheureux vingt ans plus tard. Le comte Montgomery, gouverneur de Castres au mois d'avril 1590, envoya l'un de ses capitaines, Tulet ou Taulat, vers Montastruc, où se trouvaient un corps de ligueurs. Le 5 mai 1580, il arriva devant cette localité à la tête de cent soixante hommes et s'en empara sans difficulté; cet échec mit de mauvaise humeur le duc de Joyeuse. Il marcha lui-même à la tête de sa compagnie de gens d'armes, à laquelle se joignit celle de Chalabre et Dombre, plus la compagnie de chevaux-légers de Las Aubaresses et les régiments du vicomte de Bruniquel, de Blugnac et de Caraveules (1Voyez La Popelinifere. La vraie et entière histoire des derniers troubles, etc)

Le capitaine Tulet ou Taulat ayant réuni sur ce point quelques troupes et entre autres cinquante arquebusiers venus de Villemur, résista vigoureusement et obligea le duc de Joyeuse à faire un siège en règle et à dresser une batterie. Elle fit une brèche qui fut immédiatement fermée, ce qui obligea le duc de donner trois assauts consécutifs le même jour.

Sans cesse repoussé, il monta à l'assaut une quatrième fois, renversa les défenses, et poursuivit les assiégés jusque dans l'église dont les faibles murailles furent bientôt forcées. Les malheureux vaincus furent passés au fil de l'épée au nombre de deux cents hommes, parmi lesquels il y avait quarante gentilshommes.

Tandis que ce tragique événement se passait à Montastruc, les habitants de Villemur étaient vigoureusement attaqués par le duc de Joyeuse accompagné de plusieurs gentilshommes. Parmi ces derniers était d'Ouvrier, originaire du pays d'Auvergne. Il fut tué pendant le siège, et un de ses descendants ou proche parent fut nommé coseigneur de Montastruc, et doté de riches propriétés dans les localités de Villariès, Bazus, Montastruc, où il établit sa résidence, et fit bâtir un petit château flanqué de deux tours placées en diagonale. Ce manoir existe encore près du lieu-dit La Conseillère.

  •  ... et de la Conseillère

Cette dernière désignation me rappelle l'histoire d'une dame d'Ouvrier, femme de Georges d'Ouvrier, descendant du seigneur dont nous parlons, et conseiller des requêtes au parlement de Toulouse en 1656.

Cette dame, à laquelle, suivant l'habitude, on donnait le nom de madame la conseillère, après avoir commandé à un peintre habile et malin son portrait, le refusa comme n'étant nullement l'expression de ses traits.

Mais le samedi au soir, le peintre l'exposa sur une petite échoppe située tout près du manoir du seigneur d'Ouvrier, et donnant sur le chemin pour se rendre à l'église. Chaque passant, bien entendu, disait son petit mot.

La femme du conseiller voulut faire enlever le tableau; mais ayant préalablement déclaré, devant témoin, que ledit portrait n'était pas le sien, le peintre résista à toutes les injonctions jusqu'au moment où le seigneur d'Ouvrier, ennuyé de pareilles contestations, paya le tableau et le fit disparaître ; mais il ne put pas effacer l'histoire de la mémoire des habitants, qui donnèrent toujours le surnom de conseillère à l'échoppe qui, plus tard, fut remplacée par une auberge bien fréquentée avant l'existence d'une ligne ferrée.

L'habitation seigneuriale, devenue une propriété ordinaire, perdit son ancien caractère ; ses faibles défenses furent démantelées, les croisillons des fenêtres enlevés, et tous les signes d'une ancienne architecture disparurent sous une ornementation moderne.

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque municipale de Toulouse, 2008-162037R

Rattachement des deux noms

Par décret du Président de la République en date du 3 mars 1891, contresigné par le Ministre de l'Intérieur, la Commune de Montastruc portera dorénavant le nom de Montastruc la Conseillère.

Cette nouvelle dénomination avait été délibéré au Conseil Municipal, suite à des difficultés des courriers entre plusieurs communes qui portent le même nom dans le département et également dans d'autres départements.

Montastruc la Conseillère 31380
Montastruc 82130
Montastruc 47380
Montastruc de Salies 31160
Montastruc 32450
Montastruc 33880